« C’est peut-être un SMOP » : le rendez-vous qui a tout changé
Pendant des années, j’ai vécu « hors » de mon corps, complètement détachée de mes ressentis, mes émotions, mes sensations. J’allais à l’encontre de lui et des messages qu’il me passait.
Aujourd’hui, avec le recul, et de nombreuses prises de conscience, je sais que ce n’était pas anodin. Mais il m’a fallu des années, beaucoup d’examens sans réponses, et un ras-le-bol total pour comprendre ce qui se jouait vraiment.
Si tu es en train de lire ces lignes, c’est sûrement que ton corps t’envoie des signaux que tu ne comprends pas. Fatigue qui ne part jamais, cycles capricieux, peau qui fait des siennes, sensation de ne plus te reconnaître.
J’aimerais que tu saches une chose avant de continuer à lire, tu n’es pas seule, et tu mérites d’être entendue.
Laisse-moi te raconter comment j’en suis arrivée là et comment j’ai réussi à m’en sortir.
Le début : une pilule prescrite sans vraiment savoir pourquoi
Dès mes premières règles, je me suis immédiatement mise sous pilule. Je ne saurais même pas t’expliquer précisément pourquoi, j’ai simplement suivi ma mère dans cette lignée et avait une peur profonde de tomber enceinte « au cas où ». Alors j’ai pris la pilule. Pendant plus de 6 ans.
6 ans, cela peut paraître court, mais pour le corps, c’est long, et il a eu le temps d’emmagasiner de nombreuses toxines. Je ne savais même pas, à l’époque, que les « règles » que j’avais chaque mois sous pilule n’étaient pas mes vraies règles, mais des hémorragies de privation, provoquées artificiellement par l’arrêt des hormones de synthèse. Personne ne me l’avait expliqué. Alors je vivais avec l’illusion d’un cycle normal, pendant que mon corps, lui, était complètement mis en pause.
Je pense que c’est ça, le plus troublant avec ce genre de parcours : on ne se rend même pas compte de la déconnexion à notre propre corps pendant qu’elle se produit. Et je crois que beaucoup de femmes vivent ça sans jamais le nommer. On grandit avec l’idée que la pilule, ou tout autre contraception hormonale, c’est la norme, la solution simple, presque automatique. Personne ne nous apprend à observer notre cycle, à reconnaître nos propres signaux, la qualité de notre glaire, notre énergie selon les phases, nos variations d’humeur qui ont un sens. On nous donne un outil qui met tout ça en pause, et on grandit sans jamais vraiment rencontrer notre propre corps.
L’arrêt brutal, et tout ce qui a suivi
Avec ma pratique du yoga qui s'approfondissait, quelque chose en moi a naturellement voulu revenir à mes sensations corporelles réelles. Alors j’ai décidé d’arrêter la pilule. Du jour au lendemain, sans transition, sans accompagnement particulier - ce qu’on ne devrait jamais faire, je le sais maintenant.
Sur le moment, je n’ai fait aucun lien entre cet arrêt et ce qui a commencé à se passer ensuite. mais rétrospectivement, tout est parti de là.
Rétention d’eau, perte de force musculaire sans explication, cycles devenus complètement imprévisibles (parfois tous les trois mois, parfois tous les cinq), une fatigue qui ne me lâchait jamais, peu importe combien je dormais, de l’acné au menton, comme si mon corps essayait désespérément de me dire quelque chose.
Je vivais tout ça en silence, sans jamais faire le lien avec un possible trouble hormonal. C’était juste…ma vie, et peut-être un environnement extérieur devenu trop stressant. Alors j’ai tout mis sur le compte du stress, que je devais simplement apprendre à gérer.
Ce qui me frappe aujourd’hui, en regardant en arrière, c’est à quel point ces symptômes semblaient déconnectés les uns des autres, à l’époque. La rétention d’eau, je la mettais sur le compte de l’alimentation. La fatigue, sur le compte du rythme de vie ou du stress. L’acné, sur le compte de produits cosmétiques non adaptés. Les cycles irréguliers, je n’osais même pas trop y penser, un peu comme si les ignorer allait les faire redevenir normaux et je me disais simplement qu’après un arrêt de pilule cela pouvait être « normal ».
Je pense que c’est exactement ce piège qui retient beaucoup de femmes sur la bonne piste. On traite chaque symptôme séparément, isolément, sans jamais se demander s’il existe un fil conducteur. et pourtant, le corps ne fonctionne jamais par symptômes isolés, tout est lié, tout communique mais il faut apprendre à lire ce langage-là. Moi, je ne le savais pas encore.
Le parcours médical : des examens, et toujours « rien »
À un moment, j’ai fini par consulter. Beaucoup. J’ai enchaîné les examens, les prises de sang, les rendez-vous. Et à chaque dois, le même refrain : rien. Rien d’anormal, rien à signaler, rien qui explique ce que je vivais.
Si tu es passée par là, tu sais exactement ce que ça fait. Cette sensation étrange d’avoir des symptômes bien réels, tangibles, épuisants, et de te retrouver face à des médecins qui, faute de trouver quelque chose sur un papier, semblent te dire indirectement que ce n’est « pas grave » ou « dans ta tête ». Je me suis sentie complètement délaissée. Pas écoutée.
C’est un sentiment que beaucoup de femmes avec des troubles hormonaux connaissent bien, que ce soit un SMOP, une endométriose, une dominance oestrogénique ou les premiers signes d’une périménopause. Cette impression de courir après un diagnostic, pendant que le corps, lui, continue de crier.
Je me souviens de cette solitude particulière qu’on ressent en sortant d’un rendez-vous où on ne t’a rien trouvé. De ces jours à attendre les prochains rendez-vous dans l’espoir que l’on mette enfin des mots sur tes
Ensuite on commence à douter de soi-même, à minimiser ce qu’on ressent, à ne plus oser en parler de peur de passer pour quelqu’un qui exagère. Et pourtant, chaque symptôme était bien réel. Chaque matin de fatigue, chaque cycle qui ne venait pas, chaque poussée d’acné, tout ça existait vraiment, même si aucun chiffre sur une prise de sang ne venait le confirmer.
Un premier mot posé, puis un abandon
J’ai fini par consulter une gynécologue. Elle m’a dit que cela « pourrait » être un SMOP (anciennement nommé le SOPK). Une hypothèse, prononcée presque en passant. Et sa recommandation ? Si ca n’allait pas, je n’avais qu’à reprendre la pilule.
Et voilà. C’est tout. Aucune explication plus poussée, aucun accompagnement, aucun conseils. Juste : reprends la pilule, et tout ira bien.
Sauf que ce n’était pas une solution pour moi. C’était justement le fait d’être sous pilule pendant six ans qui m’avait coupée de mon corps. Repartir dans cette direction, c’était comme mettre un pansement sur un problème que je ne comprenais même pas encore.
Alors j’ai continué à vivre avec mes symptômes. Un an entier, en espérant trouver mes solutions moi-même.
Le diagnostic, enfin - mais pas la solution
Un an plus tard, avec toujours les mêmes symptômes, et un ras-le-bol qui avait fini par devenir insupportable, j’y suis retrouvée. Et cette fois, le diagnostic est tombé clairement : SMOP.
Il y avait enfin des mots posés sur ce que je vivais depuis 2 ans maintenant.
Mais la suite m’a laissée tout aussi démunie. On m’a dit, en substance, qu’il fallait « vivre avec ». Reprendre la pilule (encore une fois). Et on m’a donné quelques compléments alimentaires, sans grand accompagnement autour. Point final.
Après deux ans à vivre avec ces symptômes, sans réponse vraiment adaptée, sans qu’on m’explique le pourquoi du comment, sans qu’on me propose d’aller à la racine du problème, je me suis sentie complètement délaissée par la médecine classique. Et honnêtement, c’est fou de se dire qu’on peut se sentir aussi seule face à son propre corps, alors qu’on a fait tout ce qu’il fallait : consulter, insister, revenir.
Si c’est ce que tu vis en ce moment, je veux que tu saches que ce sentiment d’abandon est complètement légitime. Tu n’exagères pas. Beaucoup de femmes traversent exactement ça.
Ce n’est pas une critique envers les professionnels de santé que je rencontre en disant ça, je pense sincèrement que beaucoup font de leur mieux avec les outils et le temps qu’on leur donne mais le système, lui, n’est pas construit pour accompagner une femme dans la durée, dans la globalité de ce qu’elle vie. On te donne un nom, une ordonnance, et on referme le dossier. Alors que le vrai travail, celui qui fait une différence sur le long terme, commence juste après ce rendez-vous, et ça personne ne me l’avait dit.
Vivre avec un SMOP ou tout autre déséquilibre hormonal, c’est revoir la globalité de sa vie : son hygiène de vie, son alimentation, son activité physique, ses hormones. Et ce n’est pas un travail à prendre à la légère.
La révélation
c’est en sortant de ce rendez-vous, que quelque chose a basculé en moi.
Je me suis dit que je voulais aider toutes ces femmes qui, comme moi, vivent avec des troubles hormonaux sans avoir de vraies réponses. Peu importe lequel : SMOP, périménopause, SPM sévère, endométriose, etc. Le fond du problème était le même, ce sentiment de déconnexion à son corps, et de comprendre pourquoi et comment je peux vivre avec mes symptômes.
Je me suis renseignée. J’ai cherché des approches différentes, plus globales, qui prenaient en compte le corps dans son ensemble et pas seulement un symptôme isolé. Et c’est là que j’ai découvert le Yoga de la femme®.
Ça a été une évidence immédiate. Ma voie. Mon chemin.
Ce que j’ai dû reconstruire
À partir de là, tout a changé, mais pas du jour au lendemain, et certainement pas avec une seule solution miracle. J’ai dû revoir en profondeur plusieurs aspects de ma vie :
Mon alimentation, d’abord. Comprendre ce que mon corps avait réellement besoin pour rééquilibrer son fonctionnement hormonal, plutôt que de suivre des règles génériques qui ne me correspondaient pas.
Mon hygiène de vie dans son ensemble. Le sommeil, le rythme, le stress, tout ce que j’avais longtemps ignoré en pensant que ça n’avait pas vraiment d’impact.
Ma relation à mon féminin. Ça, c’est sans doute le changement le plus profond. Réapprendre à écouter mon corps, mes cycles, mes sensations, au lieu de les ignorer. Car oui une femme ne fonctionne pas comme un homme comme on nous le suggère aujourd’hui et oui la femme a besoin de plus de temps, pour elle.
Et enfin, ma façon de toujours vouloir en faire plus. Plus de sport, plus de productivité, plus de contrôle. J’ai dû apprendre à ralentir, à accepter que mon corps n’était pas une machine à optimiser, mais un système intelligent qui avait simplement besoin qu’on l’écoute enfin.
Ce dernier point, honnêtement, a probablement été le plus difficile à intégrer. On vit dans une culture qui valorise le « plus » à peu près partout, plus d’efforts, plus de résultats, plus vite. Et j’avais fini par appliquer cette logique à mon propre corps, comme s’il fallait le pousser, le forcer, pour qu’il fonctionne « correctement ». Le yoga m’a appris l’inverse. Que parfois, la vraie transformation vient du fait de s’arrêter, d’observer, de laisser de l’espace, plutôt que d’ajouter encore une contrainte de plus à une liste déjà pleine.
Ce que je veux que tu retiennes
Que ton corps te parle, par tout type de déséquilibre, de symptomes (SMOP, SPM, règles douloureuses, aménorrhée, endométriose, etc). Et le message est souvent le même : quelque chose demande à être entendu, et pas simplement fait taire.
Tout parcours n’est pas linéaire, pas simple, il y aura des moments de rechutes, des moments de doutes.
Mais chaque étape, même les plus frustrantes, même ce sentiment d’abandon m’a amenée là où je suis aujourd’hui :
À accompagner d’autres femmes qui traversent exactement ce que j’ai traversé.
Si tu te reconnais dans une partie de cette histoire, sache que tu n’es pas seule et que tu mérites d’être écoutée.
Alors je serais heureuse de savoir :
✨À quel moment de ce chemin es-tu, aujourd’hui ?
Prend soin de toi, tu le mérites amplement 🫶


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